Les Capitales au cœur du Petit Paris (IX) – Rue Rabat

Nous retournons dans le quartier plein de rues portant de noms de capitales. C’est l’endroit de Bucarest qui nous a donné la possibilité d’explorer un vrai univers de la beauté, un monde fascinant dans lequel nous avons appris tour à tour d’identifier les styles architecturaux du siècle dernier. Nous sommes à Rabat, Rue Rabat.

Les maisons d’histoire sur la Rue Rabat.

Tangente à l’arc de cercle décrit par l’Allée Alexandru, la Rue Rabat croise les rues Ermil Pangrati et Emil Zola, jusqu’à la Rue Athéna. Et les deux se réunissent dans la Rue Ankara, en délimitant ainsi le pittoresque parc « Khalil Gibran ».

La fascinante histoire de la villa se trouvant au numéro 1

Nous partons dans notre voyage du Boulevard Aviatorilor, avec ses trottoirs généreux. Et en quelques pas sur la mystérieuse Allée Alexandru, avec des villas monuments historiques bien cachés sous le couronnement riche, nous arrivons soudain devant une villa revêtue en brique rouge apparente. C’est l’un des immeubles de Bucarest près desquelles nous passons sans soupçonner les histoires cachées derrière les mûrs.

Et ici, sur la Rue Rabat, au numéro 1, au carrefour avec la Rue Emil Pangrati, nous arrivons à une rencontre ….de contes. Le propriétaire, mais aussi l’architecte sont deux personnalités marquant l’évolution historique de la Roumanie.

La villa a été bâtie pour l’ingénieur Constantin Busila.

Dans cette imposante maison, dévoilée dans son entière splendeur, le propriétaire, l’ingénieur Constantin Busila, et l’architecte Duiliu Marcu, y ont mis leur âme.

Si vous regardez de près, vous découvrirez que toutes les maisons ont le pouvoir de vous raconter des histoires.

L’immeuble existe à ce jour grâce au désir de l’Ingénieur Constantin Busila (1877-1950). L’une des personnalités remarquables de l’Université Polytechnique de Bucarest, Constantin Busila a guidé, pendant 40 ans, les pas de ses étudiants dans un domaine de pionnier de l’époque : l’électricité. Par son travail, il a contribué fondamentalement à la création du système énergétique roumain.

Constantin Busila est l’une des personnalités de l’enseignement technique de notre pays. Pro-recteur de l’Université Polytechnique de Bucarest, doyen de la Faculté d’Électromécanique, l’ingénieur a été élu, à compter de l’année 1937, membre de l’Académie des Sciences de Roumanie. Il a une contribution majeure au développement de l’industrie roumaine et de l’école formant les ingénieurs pour cette industrie.

Même s’il n’a pas été politicien par vocation, Constantin Busila occupera, entre les années 1941 – 1943, la fonction de ministre des Travaux Publics et des Communications dans le Gouvernement Antonescu. Pour le régime ultérieurement venu, le fait qu’il s’est délimité de l’activité politique et a essayé la gestion du Ministère des Travaux Publiques d’une manière exclusivement professionnelle n’a pas compté, et à l’automne de l’année 1944, son arrestation est ordonnée. Ainsi, le fils du capitaine Dimitrie Busila – héro de l’Armée Roumaine tombé sur le champ de bataille en août 1877, dans la Guerre pour l’Indépendance de la Roumanie – devient à son tour une victime…

Retournons à la villa trouvée sur la Rue Rabat. La maison porte la signature de l’architecte Duiliu Marcu. L’immeuble a été bâti pendant les années 1932 – 1933 et respecte le style caractéristique à l’architecte, mais en même temps met en évidence les désirs de celui pour lequel la maison a été bâtie.

Avec des proportions équilibrées et des éléments décoratifs simples (encadrements en pierre, dans le registre supérieur une frise réalisée par le jeu des briques apparentes, les fenêtres orientées horizontalement et disposées sur longueur, la quincaillerie Art Déco), l’immeuble met en valeur un espace moins généreux comme surface.

Ce n’est pas la seule construction de cette région de Bucarest signée par Duiliu Marcu. Nous avons rencontré des créations de l’architecte sur d’autres rues aussi. Par exemple, sur la Rue Washington, numéro 9 (la Maison George Georgescu). De même, nous avons eu l’occasion d’admirer le Palais Victoria.

Tel qu’il déclarait en 1960 pour la Revue Arhitectura, publiée par la Maison d’édition Tehnica, Duiliu Marcu a été en permanence préoccupé de trouver de solutions originales roumaines. L’architecte a pris de l’architecture classique « uniquement la clarté, la simplicité, la pondération, l’eurythmie, les proportions, la méticulosité des études de détail ». Et la villa rouge du début de la Rue Rabat met en évidence le mieux ce crédo.

La villa de numéro 1 est le point de jonction des histoires de deux académiciens, de personnalités importantes, créateurs d’écoles dans leur domaine : énergétique et architecture.

Et l’histoire continue

La Rue Rabat nous offre de vraies leçons de style.

Nous allons plus loin, et au numéro 5 un autre immeuble monument historique, bâti en style néoclassique, nous apparaît. La maison est voisine, au numéro 7, avec une autre villa monument historique, avec insertions en bois en style néo-roumain. Les deux immeubles sont à ce jour de sièges d’ambassades.

Un peu plus loin, au numéro 16, bien cachée de la végétation rustique, se trouve une villa en style néo-roumain avec le pavillon spécifique, voisine d’un autre immeuble monument historique trouvé aux numéros 18-20, en style néoclassique.

Nous revenons sur la partie avec les numéros impairs, au numéro 19, un autre monument historique, bâti en style néo-roumain, après les plans de l’architecte Cristofi Cerchez. Il s’agit de villa « Sofia et Eliza Candiano – Popescu ». Une autre maison avec son histoire…

Conçue initialement comme un duplex, sur place, nous découvrons aujourd’hui uniquement une moitié de maison. Il est important que l’immeuble n’ait pas perdu son élégance.

« La belle bucarestoise » défi majestueuse le passage du temps.

La villa a été bâtie pendant la période 1912-1913. Elle a été connue à l’époque sous le nom de « la belle bucarestoise ». L’habitation était destinée à l’épouse et à la fille du général Alexandru Candiano – Popescu (1841 – 1901).

Allant uniquement sur l’une des rues portant le nom de capitale, nous avons eu l’occasion de découvrir une multitude d’histoires sur Bucarest du siècle dernier. Je vous invite de continuer notre voyage et de nous revoir dans une autre capitale.

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe

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