Alisa Rujović est un personnage spécial de laquelle j’ai l’occasion d’écrire. Âgé de 24 ans, elle est étudiante à l’Université Nationale des Arts de Bucarest, la Section Graphique. Elle me dit fièrement qu’elle est une boursière du Ministère de l’Education Nationale de la Roumanie et qu’elle est inscrite au programme de master de l’établissement d’enseignement de notre pays.
L’art n’est pas sa seule passion. Alisa est amoureuse du football. De plus, elle pratique ce sport professionnellement, en Roumanie, dans une équipe de filles.
Une grande expérience internationale

Alisa vient du Monténégro et depuis un an et demi elle étudie en Roumanie. La jeune femme est née dans la ville de Berane, où elle est également diplômée du lycée. Après avoir obtenu son diplôme de Gimnazija « Panto Mališić » de Berane, elle a été admise à l’Académie d’Art de Cetinje.
Au cours de ses études de premier cycle, elle a profité de toutes les opportunités qui lui étaient offertes et a été ainsi admise au programme Erasmus +, qui lui a permis d’étudier pendant six mois, à Lisbonne, au sein de l’Académie Nationale des Beaux-arts « Belaz-Artes ».
L’expérience internationale lui a ouvert l’appétit pour de nouveaux endroits, alors elle a décidé de faire ses études de master en dehors de son pays natal.
Elle me dit qu`elle est venue en Roumanie á cause d’un heureux événement. Alors qu’elle était étudiante à l`Académie d`Art de Cetinje, elle a commencé à chercher des opportunités pour suivre le programme de master dans une école d’un autre pays. Un jour, elle a découvert sur le site dˈInternet du Ministère de l’Éducation du Monténégro des informations sur les bourses offertes par la Roumanie. Après avoir collecté des données sur l’Université Nationale des Arts de Bucarest et sur le pays où elle va venir, elle a décidé de demander une bourse.

« Heureusement, j’ai été admise. Dans cette démarche, seuls mes parents m’ont soutenu. Mes amis étaient très fâchés que j’ai choisi un pays comme la Roumanie. Cela s’est produit parce qu’il y a de nombreuses idées préconçues sur les Roumains et la Roumanie. D’après mon expérience, je peux dire que rien n’est vrai », souligne la jeune étudiante.
Elle admet qu’elle avait des doutes quant à son arrivée dans la Capitale Roumaine, mais ce qui l’a le plus motivée dans sa décision, c’est la réputation de l’Université Nationale des Arts de Bucarest et le fait que l’établissement d’enseignement comprend également une section graphique.
Elle s’entraîne avec l’équipe du FC Fair Play à Bucarest
J’ai déjà dit qu’Alisa est un personnage spécial. La jeune femme non seulement étudie dans notre pays. Depuis le mois d`octobre 2018, elle s’entraîne avec l’équipe féminine de football du FC Fair Play à Bucarest. « Dusko Globarevic, mon entraîneur du Monténégro, a trouvé cette équipe, et je tiens à lui remercier », a déclaré Alisa.
Le sport est une grande passion pour elle, donc le fait que la Roumanie lui ait donné l’opportunité de réaliser son rêve la rend reconnaissante.

« Dès mon plus jeune âge, j’ai adoré ce sport. Je joue au ballon depuis l’âge de sept ans, mais j’ai commencé à jouer du football à l’âge de 12 ans. Initialement, je jouais avec les garçons, et à partir de 16 ans, j’ai passé á l`équipe féminine. Le football n’est pas le seul sport auquel j’ai joué. J’ai aussi fait du karaté, j’ai une ceinture noire, et j’ai beaucoup de compétitions de haut niveau gagnées dans toute l’Europe. J’ai aussi fait des danses folkloriques et grâce à elles j’ai réussi à aller dans de nombreux pays d’Europe et d’Asie. J’ai découvert l’art au lycée. Finalement, j’ai dû choisir, j’ai donc décidé de me concentrer sur l’art et le football », explique Alisa.
Des amis roumains l’ont aidée à s’adapter
Pour la jeune femme du Monténégro, s’adapter à la vie dans la capitale de la Roumanie n’a pas été facile. Pendant un an, elle a dû suivre les cours de la Faculté des Lettres de l’Université de Bucarest, pour apprendre la langue roumaine. Ce n’est qu’alors que l’étude proprement dite a commencé à l’Université Nationale des Arts de Bucarest.
Le fait qu’elle ait été chaleureusement accueillie par les collègues de la faculté et les filles de l’équipe de football l’a beaucoup aidée à s’adapter. « Les filles de l’équipe de football, par les activités dans lesquelles elles m’ont incluse, m’ont aidé à m’adapter beaucoup plus rapidement à la vie ici. Et mes collègues de la faculté étaient avec moi. Ils m’ont tous montré combien il est important d’avoir des amis roumains et combien c’est facile avec eux. Bucarest est une ville très amicale avec les étrangers et la ville est pleine d’étrangers. Jusqu’ au présent, je n’ai pas observé aucune discrimination à l’encontre de ceux qui ne sont pas de l’endroit », explique la jeune étudiante.
Se référant à la première expérience qu’elle a vécue à son arrivée à Bucarest, Alisa se souvient qu’elle s`est hébergée, puis est partie se promener seule dans la ville. « Je me souviens aussi maintenant que je me suis d’abord arrêtée au Palais du Parlement. Ce bâtiment est celui qui m’a beaucoup parlé de la Roumanie. Puis je me suis dit que si je peux m`y débrouiller, ma vie en Roumanie sera l’une des plus belles et des plus riches », montre l’étudiante.
Et jusqu’ au présent, Alisa a très bien réussi. De plus, elle s’est tellement adaptée à nos vies qu’elle ne se limite pas à découvrir uniquement Bucarest. La jeune femme du Monténégro profite de chaque moment libre qu’elle a pour faire différents voyages à travers la Roumanie.
Cependant, son endroit préféré de notre pays a liaison avec sa faculté. Alisa passe la plupart de son temps dans l’atelier de graphique de l’établissement d’enseignement, où elle essaie de réaliser son rêve et de le traduire dans son art.
Ni le « terrain vert », comme elle dit au terrain de football, n’est pas négligé. « Je vais toujours jouer au football, mon premier amour. Je pense que le football est “coupable” pour tout ce qui se passe dans ma vie », explique Alisa.

Elle a de nombreux endroits préférés dans la ville d’adoption, mais elle aime aller, chaque fois quand elle a l’occasion, visiter le Musée National d’Art de Roumanie. Elle aime aussi se détendre dans l’un des parcs de Bucarest, son préféré étant le parc Herastrau, où elle trouve la paix par méditation.
« Étant donné que je me suis rendue dans de nombreuses grandes villes en Europe, je peux dire que le plus grand avantage de Bucarest est qu’il possède de nombreux parcs, de nombreux espaces verts. Il y a des endroits qui donnent un ajout extraordinaire à la Capitale Roumaine ”, souligne la jeune femme.
Elle étudie à l’école développée par Aman et Tattarescu
L’Université Nationale des Arts de Bucarest, l`institution où Alisa Rujović est étudiante au master, a une vieille tradition de plusieurs siècles. Ceux qui ont créé cette école sont Theodor Aman et Gheorghe Tattarescu.
À partir de l’École des Beaux-arts, fondée par les deux peintres en 1864, elle est venue à l’université d’aujourd’hui où elle étudie des artistes du monde entier. D’importants maîtres de l’art national et universel s’y sont formés. Il suffit de rappeler Constantin Brancusi, Victor Brauner, Paul Neagu, Ioan Andreescu, Stefan Luchian, Gheorghe Petrascu, Sabin Popp, Aurel Jiquidi et Lucian Grigorescu.
Alisa est très heureuse d’avoir l’opportunité de suivre leurs traces. La jeune femme du Monténégro soutient que l’enseignement supérieur en Roumanie est différent de celui du Monténégro. « À la faculté où j’étudie, par exemple, nous essayons de préserver la partie traditionnelle de l’art autant que possible, mais en même temps, les étudiants sont obligés de connaître la partie numérique, qui est très importante dans la vie d’un artiste aujourd’hui. C’est clairement un avantage que les étudiants de l’Université Nationale des Arts de Bucarest ont devant leurs collègues d’autres institutions similaires dans d’autres pays. De plus, en Roumanie, j’ai une relation très amicale avec les professeurs, qui sont disponibles tout le temps pour leurs étudiants. Les professeurs m’ont beaucoup aidé dans mon adaptation, et pendant ces six mois depuis que j’étais étudiant à l’UNARTE j’ai beaucoup appris. Et j’apprendrai encore plus. Et j’espère avoir enseigné à certains de ceux avec qui j’ai été en contact ici », souligne la jeune femme.
L’histoire d’Alisa est atypique. La superbe façon dont elle parvient à combiner sa passion pour l’art avec son amour pour le football nous fait découvrir une personne spéciale, une personne dont nous avons beaucoup à apprendre. L’étudiante du Monténégro a choisi Bucarest pour vivre ses passions, et après un an et demi, elle parle de la ville d’adoption qu’elle a beaucoup proposée. Elle est venue en Roumanie avec de nombreux points d’interrogation causés par les idées préconçues de ses amis, mais dès la première visite dans la ville, elle a découvert sa générosité et s’est rendu compte qu’elle ne s’était pas trompée en décidant de choisir la Capitale de la Roumanie pour poursuivre ses études universitaires.


