Les capitales au milieu du Petit Paris (XVII) – Rue Lisbonne

Nous retournons sur les rues mystérieuses portant des noms de capitales, des endroits qui nous ont permis, plusieurs fois, d’échapper de la vie quotidienne et d’entrer dans un monde où les maisons nous racontent l’histoire de la ville. Calea Dorobanți rayonne généralement sous le soleil du matin: lumière, agitation, activité. Les magasins étalent leurs vitrines, les clients des banques passent et entretiennent un trafic intense, devenu emblématique pour l’ensemble de Bucarest. D’un endroit à l’autre, cependant, de véritables portes spatiales, les rues Madrid, Washington, Lisbonne et Bruxelles permettent d’accéder à un monde

De Calea Dorobanți, vous pouvez rejoindre dans tout moment l’une des rues tranquilles portant des noms de capitales.

Sous tous les angles nous abordons, le quartier avec des rues portant des noms de capitales et de pays, le passage soudain de l’agitation tumultueuse à la paix sereine, avec des accents de sieste propres à la petite bourgeoisie, toujours choquent.

Cette fois-ci, de Calea Dorobanți, nous entrons à Lisbonne, rue Lisbonne.

La zone avec logements désignés  aux fonctionnaires

La rue Lisbonne fait partie du « Lotissement Dorobanți ».

C’est une petite rue. Elle se ramifie assez rapidement, formant une sorte de square où un élégant parc est disposé. Lisbonne croise la rue Brésil et « fond » dans la rue Bruxelles.

Ici, les bâtiments sont construits au début du XXe siècle, une fois avec la systématisation de cette partie de la ville par « le démembrement de Dorobanți ».

Sous les signatures de l’architecte Dimitrie Mohor et de l’ingénieur Andrei G. Ioachimescu, apparaît, en 1914, le plan de démembrement de la zone à travers laquelle des maisons pourraient être construites après des projets (type) relativement prédéterminés, destinés aux fonctionnaires du Ministère des Finances et aux fonctionnaires du Ministère de la Guerre. La zone couverte comprenait une zone qui correspond aujourd’hui aux rues Brésil, Bruxelles, Madrid et Washington.

Sur ce lotissement, jusqu’en 1916, année de l’entrée de la Roumanie dans la Première Guerre Mondiale, huit immeubles ont été construits. En 1920-1921, une seconde étape de développement du projet a été réalisée, étant demandées des approbations pour autres 60 immeubles. Malheureusement, l’arrivée de la Seconde Guerre Mondiale a limité les constructions. Cependant, nous avons encore un héritage important de l`époque, que nous puissions admirer aujourd’hui.

La rue  Lisbonne porte l’empreinte de l’architecte Dimitrie Mohor

Partout les influences du style néo-roumain se font remarquées.

De retour dans la rue Lisbonne, il faut dire que ces maisons conservent les caractéristiques du style de l’architecte Dimitrie Mohor. Le dernier a fréquemment utilisé, dans ses créations, les éléments déterminants du style néo-roumain, tels que les poteaux en bois des pavillons, les contreforts, les baies vitrées, etc. L’architecte Mohor a été l’auteur de nombreux plans des habitations sur cette rue.

Dimitrie Mohor était l’architecte en chef de la Société municipale pour des logements à bas prix, et sous la coordination de cette organisation, la construction de nombreuses zones systématisées de la ville a été réalisée.

De plus, Mohor est l’un des architectes de la génération qui a déterminé la maturité des influences indigènes dans l’architecture. Comme je l’ai mentionné précédemment, il a été tributaire au style néo-roumain.

Une rue intime, avec de nombreuses notes de mystère

Grace á ce style dominant, une unité de l’espace de la rue Lisbonne est observée. Le sentiment d’unité est accentué aussi par les villas massives des numéros 1 et 2, situées des deux côtés du parc.

Une touche particulière est donnée par l’imposant immobile du numéro 3, qui présente des éléments et des décorations de source néoclassique et qui contribue avec une note de variation.

La disposition des bâtiments en plans parcellaires, mais aussi leur aspect de forteresse paysanne donne l`intimité et une note mystérieuse à chaque maison et à la rue dans son intégralité. La planification de la disposition des maisons porte la responsabilité pour « la rupture du rythme ». La rue est clairement délimitée par l’agitation du boulevard voisin.

Même si la rue est petite, elle offre de généreux espaces à ceux qui la parcourent.

La façon dont l’architecte a pensé l’ensemble du plan de cette zone permet d’augmenter l’espace libre. De plus, une vue libre est prévue pour le mouvement. Le concepteur a décidé de retirer les bâtiments plus que d’habitude de l’alignement, en formant ainsi un véritable square.

Les solutions architecturales utilisées dans la zone ont permis ultérieurement de créer des espaces aux fonctions multiples. De plus, ils ont permis le développement du concept de « ville type jardin », qui était déjà apparu dans l’architecture de l’époque. Cela explique la présence du petit parc au milieu de la rue Lisbonne, qui, à son tour, crée une intimité complice et offre à ceux qui vivent dans le quartier la possibilité de socialiser ou de s’arrêter pour une minute de repos.

Le parc au milieu de la rue Lisbonne offre un endroit de repos.

Et le touriste qui se promène dans le quartier peut faire une pause de l’agitation des cafés et des boutiques exclusifs de Calea Dorobanți. Il a l’occasion d’admirer, en toute tranquillité, des éléments particuliers de l’architecture, des détails ornementaux extraordinaires et de profiter de l’ombre offerte par la végétation généreuse.

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe

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