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Jolyon Salvadore: On peut venir à Bucarest sans connaître personne et repartir avec une dizaine d’amis

Jolyon Salvadore a ouvert à Bucarest en 2001 une entreprise familiale de chocolat belge.

Au cours des 30 dernières années, la cité de Bucarest est devenue une destination d’affaires recherchée par les étrangers. Les investisseurs du monde entier ont choisi de mettre en œuvre leurs plans d’affaires dans notre pays. C’est aussi le cas de Jolyon Salvadore, „un Oltenien” éduqué en Suisse et en France, qui, avec sa famille, a eu le courage d’apporter en Roumanie l’une des plus célèbres marques de chocolat belges.

L’homme d’affaires passe la plupart de son temps dans son magasin de Bucarest.

Jolyon Salvadore est né en Roumanie, à Turnu Severin. Il me dit qu’il est fier de s’appeler Oltenien. Il a passé les premières années de sa vie dans notre pays, mais dès son entrée à l’école il a été envoyé en Suisse, en Valais. Ses parents étaient partis en Afrique, où ils ont travaillé pendant 25 ans, et alors il est resté au Pays des Cantons pendant neuf ans”.

Sa passion pour le sport l’a fait choisir un collège en France, plus précisément à Nice, un endroit où il avait des cours le matin et des entraînements de tennis l’après-midi.

Je suis resté en France pendant 14 ans. J’ai également fait ma thèse de doctorat à Nice, en gestion du sport. J’ai également un diplôme en immobilier. Pendant cette période, j’ai eu différents emplois. J’ai travaillé dans un magasin d’articles de sport, j’ai aidé dans les restaurants de mes amis et vers la fin de mes études j’étais consultant pour une entreprise en France”, raconte Jolyon Salvadore.

Quand je suis arrivé à Bucarest, j’ai eu un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant, que j’étais… chez moi”

L’entreprise qu’il a ouverte en Roumanie a permis à l’investisseur étranger de réunir sa famille à Bucarest et de vivre avec ses parents.

L’idée d’ouvrir une entreprise en Roumanie est venue de ses parents. „J’étais entre deux emplois à Nice et, un après-midi, j’ai reçu un appel téléphonique de ma mère me demandant si je ne voulais pas retourner en Roumanie avec eux pour ouvrir une chocolaterie. Le lendemain, j’ai appelé l’entreprise belge qui produisait la marque et, après quelques mois de stage en Belgique et l’achat d’un magasin à Bucarest, toute la famille est venue en Roumanie pour vendre du chocolat. Seul mon frère est resté à Paris”, se rappelle l’homme d’affaires.

Le fait qu’il soit venu de France ne représentait pas un avantage pour la cité de Bucarest, qui n’a pas fait bonne impression sur lui dès le premier instant. Il n’était pas à son premier contact avec la Roumanie, seulement que ses visites dans notre pays avaient généralement lieu dans la période des Fêtes. Cette fois-là, les choses étaient complètement différentes : Jolyon Salvadore devait vivre à Bucarest, et le sentiment qu’il éprouvait était complètement différent de celui d’un simple touriste.

Je dois avouer qu’après avoir vécu tant d’années sur la Côte d’Azur, je ne pourrais pas vraiment faire une comparaison favorable pour Bucarest, si j’avais Nice comme repère. En échange, quand je suis arrivé à Bucarest, j’avais un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant, que j’étais… chez moi”, précise l’investisseur étranger.

Bucarest à travers les yeux des touristes et Bucarest à travers les yeux des investisseurs étrangers

Bucarest a attiré beaucoup d’investissements étrangers ces dernières années.

Bucarest est très sympathique avec les touristes. Les étrangers qui viennent se détendre dans la capitale roumaine soutiennent cette idée, montrant que les Roumains aiment s’amuser. La cité offre de nombreuses possibilités de divertissement, des opportunités qui peuvent profiter même aux touristes les plus exigeants.

Les touristes étrangers sont attirés par les quartiers historiques de Bucarest où ils peuvent admirer différents styles architecturaux.

C’est juste que Jolyon Salvadore n’est plus venu en Roumanie en tant que touriste, mais en tant qu’investisseur.

Je me souviendrai toujours du premier impact que Bucarest a eu sur l’investisseur Jolyon Salvadore. Je suis entré au siège de l’Office National du Registre du Commerce et j’ai eu l’impression d’être entré dans une véritable jungle urbaine. J’ai eu beaucoup de chance de parler roumain et j’ai donc pu me débrouiller”, souligne homme d’affaires.

Une affaire avec chocolat l’a amené près de sa famille

Les Roumains sont reconnus dans le monde entier comme un peuple accueillant.

C’était en 2001, et les choses ont beaucoup changé depuis. Malgré les obstacles bureaucratiques rencontrés lors de l’ouverture de sa compagnie en Roumanie, Jolyon Salvadore ne regrette pas la mesure prise. „Mon projet est en fait la base de mon retour au pays. J’ai apporté mon chocolat belge préféré en Roumanie, et ce fut l’occasion de réunir notre famille et d’être avec mes parents. Je ne peux pas dire que c’était facile. Apporter, à l’époque, une marque premium en Roumanie nous plaçait un peu dans la catégorie des „extraterrestres”. Malheureusement, la Roumanie n’avait pas de culture du chocolat, mais en développant l’entreprise toutes ces années, nous avons réussi à créer un réseau de franchise de chocolat premium en Roumanie. Aujourd’hui, notre objectif est de poursuivre le travail que nous avons commencé tant d’années auparavant. Je dois admettre que je suis fier, car j’ai transformé la Roumanie depuis 2001 d’un pays inconnu parmi les producteurs de chocolat belges en l’un des pays les plus importants pour eux”, ajoute l’investisseur.

Il aime essayer tout ce qui est nouveau

La vie culturelle de Bucarest attire un public croissant.

L’entreprise qu’il dirige lui prend beaucoup de temps, donc Jolyon Salvadore n’est pas un habitué de la „vie urbaine”. Cependant, il fréquente tous les centres commerciaux de Bucarest, avec une nette préférence pour ceux près de chez lui.

À part ça, la plupart du temps, je sors au restaurant. Et comme j’aime découvrir de nouveaux endroits et surtout des goûts différents, je ne suis pas très fidèle en termes de lieux que je fréquente. Il m’est donc très difficile d’indiquer un certain restaurant. Cependant, je peux vous dire que j’aime la cuisine asiatique, indienne et orientale. Mais ce que j’aime le plus, ce sont les desserts, mais j’essaie de les éviter. N’oublions pas que je suis entouré de chocolat toute la journée et pourtant je mange toujours du chocolat, comme si j’avais ouvert mon magasin hier. Je ne parle même pas de pâtisseries …. Je peux donc dire que j’ai de la chance, car l’un des endroits que j’aime est mon propre magasin, surtout pendant la saison chaude, lorsque nous ouvrons la terrasse”, nous dit Jolyon Salvadore.

 „Je suis Roumain dans l’âme, en raison de ma culture et de mon éducation” 

Les étrangers qui ont été adoptés par Bucarest disent que, contrairement à d’autres sites d’Europe, ils se sentent beaucoup plus en sécurité dans la capitale roumaine.

L’homme d’affaires admet qu’il n’a pas été très facile pour lui de s’adapter au mode de vie de Bucarest, mais maintenant, s’il devait quitter la Roumanie, il ne peut pas dire qu’il aimerait cette idée. „Mais attention, n’oublions pas une chose ! Même si les origines de mon père sont un peu plus exotiques, je suis Roumain au cœur, par ma culture et mon éducation. J’avoue que pendant la saison froide j’aimerais quitter un peu la ville, mais ce n’est pas possible. Nous avons les plus grosses ventes pendant les Fêtes d’Hiver, donc l’entreprise me donne de nombreuses raisons de rester à Bucarest”, mentionne l’homme d’affaires. 

La vie tranquille à Bucarest a déterminé de nombreux étrangers à s’installer dans notre pays.

Pour lui, la ville d’adoption est depuis longtemps devenue son foyer, il peut donc se permettre de parler honnêtement de ce qu’il aime et de ce qu’il n’aime pas à Bucarest. Comme toute autre métropole, la capitale de la Roumanie est confrontée à des problèmes liés à la pollution, la congestion ou le trafic. „Mais nous devons reconnaître que c’est le cas dans toutes les grandes cités du monde. Dans l’esprit de voir le verre à moitié plein, je peux dire que les Roumains sont un peuple spécial, ce sont des gens très ouverts. Nous pouvons venir à Bucarest sans connaître personne et repartir avec une dizaine d’amis. Il y a aussi un sentiment personnel de sécurité que je retrouve à Bucarest et que je n’ai pas dans d’autres grandes villes d’Europe. Et une dernière chose. On doit l’avouer, les femmes roumaines sont parmi les plus belles du monde, ce qui rend tout bien plus agréable”, mentionne Jolyon Salvadore.

La Roumanie n’est pas le marché le plus prévisible

Les investisseurs qui ont choisi d’ouvrir diverses affaires dans notre pays ont constaté que la Roumanie n’est pas le plus prévisible des marchés. Beaucoup d’étrangers qui ont apporté des biens de consommation sur notre marché ont supposé qu’ils pussent vendre des produits bon marché aux Roumains. Cependant, ils ont rapidement réalisé que leur stratégie commerciale basée uniquement sur le prix et non sur la qualité n’était pas exactement viable. Les acheteurs en Roumanie regardent très attentivement la qualité, donc ceux qui voulaient ouvrir des compagnies basées sur des produits de qualité bon marché et douteux ont échoué dans leur plan.

Ce qui caractérise l’environnement socio-économique de Bucarest est l’imprévisible. Heureusement, nous pouvons maintenant discuter d’une tendance économique. Nous espérons que les affaires ne seront pas arrêtées bientôt dans leur essor présent”, précise l’investisseur.

Les gens d’affaires qui viennent dans notre pays doivent savoir que les Roumains sont très intéressés par la qualité.

Le développement que Bucarest a connu ces dernières années augmente l’attractivité de la cité auprès des touristes étrangers. La capitale de la Roumanie a beaucoup à offrir à ceux qui visitent notre pays. Il est vrai qu’il y a encore des choses à améliorer.

Jolyon Salvadore est d’avis qu’il convient de tenir compte qu’il este nécessaire de faire une meilleure promotion aux zones historiques et une rénovation de certains des bâtiments historiques de Bucarest qui n’ont pas bénéficié de telles interventions.

En outre, on doit procéder à une promotion beaucoup plus intense des événements culturels se déroulant en Roumanie. De telles initiatives feraient plaisir non seulement aux touristes étrangers, mais aussi à ceux qui ont choisi de s’installer à Bucarest. Et Jolyon Salvadore est l’un d’eux. Il a abandonné la vie qu’il menait sur la Côte d’Azur pour venir dans un pays en cours de développement, ce qui lui a offert l’opportunité d’ouvrir une affaire. Il dirige son entreprise de chocolat depuis 2001 et tout ce qu’il a vécu jusqu’à présent lui fait penser qu’il n’a pas pris une mauvaise décision.

Bucarest est en train de changer, la société roumaine est en train de changer et l’investisseur étranger aime vraiment faire partie de toute cette évolution qui se ressent évidemment au niveau de notre société.

Bucarest, en haut du classement des investissements étrangers

Les dernières années ont apporté d’importants investissements étrangers en Roumanie. Des marques du monde entier ont également ouvert des succursales dans notre pays. Aussi, les investisseurs étrangers qui ont du capital ont choisi de développer, à partir de zéro, des entreprises ici.  Bucarest est la ville qui attire la plupart de ces projets. Les données de la Banque Nationale de Roumanie révèlent que seulement au cours des dix premiers mois de l’année dernière la valeur des investissements directs étrangers a dépassé le montant de cinq milliards d’euros. Les étrangers ont ouvert plus de 4700 affaires en Roumanie en 2019. La plupart d’entre eux viennent d’Italie et des Pays-Bas, mais il y en a pas mal d’autres pays. Les mêmes statistiques indiquent que plus de la moitié de ces compagnies étaient attirées par la capitale roumaine et le département d’Ilfov. Selon le Conseil des Investisseurs Étrangers en Roumanie, le total des investissements étrangers réalisés jusqu’à présent s’élève à plus de 75 milliards d’euros, sommes arrivées dans tous les secteurs de l’économie.

„L’investissement étranger représente plusieurs milliards d’euros chaque année, en fonction de la santé de l’économie locale ou mondiale. Le pic des investissements a été atteint autour du moment de l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne, lorsqu’ils s’élevaient à huit à neuf milliards d’euros par an. Les investissements étrangers sont de taille comparable aux sommes des fonds européens. La plupart des investissements étrangers réalisés en Roumanie proviennent de pays membres de l’Union Européenne. Des États comme l’Allemagne, la France, l’Autriche et les Pays-Bas sont les principaux partenaires commerciaux du pays”, ont déclaré les représentants du Conseil des Investisseurs Étrangers.

Auteur: Ștefania Enache
Photo: Corina Gheorghe

 

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